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Une offre de contrat via les réseaux sociaux semble trop belle pour être vraie

24 juillet 2020
Deux footballeurs anglais ne se sont pas laissé duper par un individu prétendant être un recruteur, qui leur proposait un essai et un contrat dans un club portugais.

Les deux joueurs de 20 ans ont minutieusement étudié l'offre qu'ils avaient reçue et demandé conseil à l'Association des footballeurs professionnels (AFP) qui a conclu, avec l'aide de la FIFPRO et du syndicat des joueurs portugais (SJPF), qu'il s'agissait d'offres frauduleuses.

Le « recruteur », qui se faisait appeler Fredrick Dawson, utilisait la plateforme des réseaux sociaux WhatsApp pour contacter les deux joueurs, un gardien et un milieu de terrain.

Le gardien se voyait offert un contrat dans un club portugais de troisième division Beira-Mar avec un salaire mensuel de 3 500 € net. « C'était bizarre. Ils voulaient me recruter d'après les images qu'ils avaient de moi, » a expliqué le gardien de but.

Le milieu de terrain pouvait signer un contrat à hauteur de 1 750 € net par mois s'il réussissait l'essai.

« Nous avons pensé : c'est génial, » a expliqué la mère du milieu de terrain à la FIFPRO. « Puis nous avons relu l'offre. Quelque chose n'allait pas dans le message, l'anglais n'était pas très correct. »

Elle a eu davantage de suspicions encore lorsqu'elle a lu que son fils devait payer 600 GBP pour de frais de logement et d'alimentation. « Normalement, c'est le club qui paye pour le voyage et le logement. »

Le milieu de terrain a appelé l'agent, qui lui a dit que le club avait réservé son vol et qu'un autre joueur l'accompagnerait. Il a reçu un itinéraire de vol numérique et a appelé l'autre joueur, qui n'a jamais répondu à ses appels.

Le milieu de terrain et sa mère n'ont pas pu trouver d'informations sur le dénommé Dawson sur Internet. « Je me suis dit : quelque chose ne va pas, et j'ai contacté l'AFP, » a-t-elle expliqué.

Le gardien de but a aussi fait ses recherches. « Ça sentait mauvais. J'ai remarqué des fautes d'orthographe dans le contrat et les e-mails étaient envoyés depuis un compte personnel plutôt que le compte d'un club. »

« L'agent disait avoir eu mon numéro grâce à un recruteur de mon ancien club universitaire, mais quand j'ai vérifié, ce recruteur ne se souvenait même pas de moi et ne connaissait pas l'agent en question, » a raconté le gardien de but.

Il a contacté un gardien portugais sur Facebook pour vérifier si l'offre du club était réaliste. « Il m'a dit que c'était au-delà de leurs possibilités. »

Fake Beira Mar Contract 1100
Deux pages du contract faux

Le gardien de but a dit à l'agent que le club devrait l'appeler. « Après un certain temps, j'ai reçu un appel avec le pire des changeurs de voix, comme la voix d'un ravisseur demandant une rançon pour un otage. L'appel provenait des États-Unis, ce qui était aussi étrange. »

« Alors j'ai bloqué le numéro de téléphone de l'agent et je suis allé voir l'AFP. »

Les deux joueurs ont réagi intelligemment et n'ont rien payé à cet individu. Ils ont raconté leur histoire pour empêcher que d'autres joueurs ne soient arnaqués.

« J'ai désespérément envie de jouer au football, mais pas à ce point, » a expliqué le gardien de but. « Lorsqu'il m'a contacté, je n'étais pas pressé. Le football était en suspens à cause de la pandémie de COVID-19. J'avais le temps d'évaluer la situation. Mais à un autre moment, j'aurais pu réagir différemment. C'était un gros contrat. »

« Ce n'est pas une question d'argent, » a expliqué la mère du milieu de terrain. « Ça a été un coup dur psychologiquement pour mon fils. Ça l'a rendu un peu plus méfiant envers les gens. »

 

Réaction du SC Beira-Mar

La FIFPRO et le syndicat des joueurs portugais SJPF ont informé le Beira-Mar, dont le président Hugo Coelho a réagi plus tôt dans la semaine en déclarant que le club n'avait « aucun lien avec l'individu ayant contacté les joueurs avec une invitation ou une proposition ».

M. Coelho a ajouté : « Nous devons vous informer que :

  • nous n'envoyons pas de lettre d'invitation de cette nature aux athlètes ;
  • nous ne connaissons pas l'individu en question ;
  • nous n'avons pas d'agent en Angleterre ;
  • la lettre d'invitation n'appartient pas au Sport Clube Beira-Mar ;
  • le logo utilisé n'est pas le logo officiel du club ;
  • le nom du président est erroné ;
  • la signature est fausse. »

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