Mannella Top Photo

Chris Mannella soutient la campagne des fiertés : « Le moins que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés »

17 juin 2021
Le footballeur canadien Chris Mannella affirme que tous les acteurs de l'industrie du football ont un rôle à jouer dans la création d'un environnement sûr pour la communauté LGBTQ+, notamment en matière d'éducation et de sensibilisation.

Dans le cadre du mois des fiertés, le milieu de terrain de l'Atlético d'Ottawa âgé de 27 ans participe à la campagne « Playing for Pride » pour contribuer à la collecte de fonds et sensibiliser à la mission d'Athlete Ally, à savoir rendre le sport inclusif pour les joueurs et les spectateurs LGBTQ+. 

« Je me suis engagé dans Playing for Pride il y a quelques années après avoir été présenté par Austin Da Luz, joueur du North Carolina FC, créateur du concept. En parallèle d'Athlete Ally, des joueurs comme moi s'engagent pendant le mois de juin à faire des dons déterminés en fonction des matches joués, des buts marqués, etc. Nous invitons ensuite nos sympathisants à égaler nos contributions chaque semaine. Nous travaillons ensemble pour atteindre un objectif financier et sensibiliser le public aux difficultés que rencontre la communauté LGBTQ+.

Athlete Ally est une organisation incroyable qui lutte contre l'inégalité à tous les niveaux et fait campagne pour la justice et l'inclusion non seulement pour les personnes LGBTQ+ mais aussi en faveur de l’égalité raciale. Nos recettes cette année sont dédiées jusqu'à moitié au Black Women’s Player Collective.

Je suis vraiment heureux de participer à cette campagne, car je pense vraiment quelle fait une différence dans le monde et c'est quelque chose que je veux continuer à faire pendant longtemps. Cette initiative me tient à cœur, car des amis proches et des membres de ma famille s'identifient comme membres de cette communauté LGBTQ+, et il est important pour moi d'utiliser ma plateforme – aussi grande ou petite soit-elle – pour les aider dans leur lutte pour l'égalité qu'ils méritent.

“Chaque jour, je vois les difficultés que rencontrent mes amis face à la discrimination”

Chaque jour, je vois les difficultés que rencontrent mes amis, et je ne comprendrai jamais la douleur qu'ils éprouvent face à la discrimination. Le moins que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés, et même cela comporte des difficultés.

Mon soutien public de la campagne Pride a suscité de nombreuses questions sur ma propre sexualité, certaines personnes sont même allées jusqu'à proférer des insultes homophobes à mon égard, uniquement en raison de mon engagement dans ce mouvement. Si je suis honnête, c'est blessant, et c'est une personne hétérosexuelle qui le dit. Pouvez-vous imaginer à quel point ce serait horrible si ces insultes attaquaient une partie intrinsèque de vous ?

Ce contenu a été caché parce que les cookies n'ont pas été acceptés. Cliquez ici de reconsidérer.

Je peux comprendre pourquoi les gens ont peur de faire leur coming out dans le monde du football. Même si je crois sincèrement que le Canada est un pays très progressiste en termes d'acceptation, je sais aussi à quel point l'atmosphère d'un vestiaire peut être intimidante, à quel point il peut être insurmontable de contester l'opinion de ses coéquipiers, voire peut-être de son entraîneur. Si une personne qui envisage de faire son coming out voit une personne hétérosexuelle être repoussée pour avoir mis à l'honneur le mouvement Pride, cela ne fera que la pousser encore davantage dans l'ombre.

Mais franchement, c'est en partie la raison pour laquelle ce travail est si crucial. La communauté LGBTQ+ a suffisamment souffert. Tout le monde doit jouer son rôle dans la création d'un environnement inclusif qui permette aux gens de se sentir à l'aise pour être eux-mêmes, et l'éducation en est un élément essentiel.

“Je mets au défi les gens d'utiliser un langage qui dépeint les homosexuels de manière négative”

Je mets au défi les gens d'utiliser un langage qui dépeint les homosexuels de manière négative. C'est souvent fait sur le ton de la plaisanterie, mais cela n'en reste pas moins très préjudiciable à notre perception de l'homosexualité en tant que société. Si tout le monde cessait d'utiliser des insultes homophobes dans son discours au quotidien, nous ferions un grand pas en avant.

C'est assez facile à dire, mais j'accepte de ne pas être parfait non plus. Il m'arrive d'être intimidé. Par exemple, si je me trouve dans un groupe de huit joueurs que je ne connais pas très bien, il peut m'être difficile de trouver le courage de dénoncer une phrase que je sais incorrecte. Par le passé, j'ai fait l'objet de moqueries et de réactions négatives qui ont parfois débouché sur une dispute, et parfois, je n'ai tout simplement pas le courage de m'immiscer au milieu de celle-ci.

Mais je dois l'avoir. Nous le devons tous, parce qu'une interaction sociale potentiellement gênante pour s'avérer une attaque directe contre légalité des autres, et nous devons faire notre part pour éradiquer totalement cette pratique du sport et de la société.

Entrenamiento Atletico Ottawa Alcala (11)
Chris Mannella à l'entraînement (à gauche)

Je suis fier de mon pays et du football canadien en général, qui s'efforce de promouvoir l'inclusion. L'Association des footballeurs professionnels du Canada a accompli un travail incroyable en arrière-plan qui, je l'espère, contribuera à créer un sentiment de sécurité pour celles et ceux qui en auront besoin un jour.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire, et rien qu'en nous éduquant et en prenant conscience des inégalités existantes, nous pouvons commencer à avancer. Au bout du compte, le football doit être accessible à tous, sans distinction de race, de sexe ou d'orientation sexuelle. Si vous pouvez jouer, vous devriez pouvoir le faire sans crainte de discrimination, et si je peux aider une seule personne, c'est une réussite dont je peux être fier.

Voulez-vous en savoir plus?

l’inclusion